Le Verdon-sur-Mer - N°115 - Décembre/Janvier 2013

Vers une relance de l’ostréiculture ?

 

La communauté de communes a initié une vaste étude sur la faisabilité d’une relance de l’activité ostréicole dans les marais du Nord-Médoc.

Jusque dans les années 1970, l’activité ostréicole était importante dans les petits ports du Verdon, de Neyran, Talais, Saint-Vivien, Jau-Dignac-et-Loirac et Valeyrac. «Sur la rive gauche [de l’estuaire], on comptait 1 194 parcs de captage, 382 parcs d’élevage, 9 parcs d’affinage et d’expédition. L’ensemble représentait 672 hectares», rappelle le Conservatoire de l’estuaire de la Gironde dans une exposition itinérante1. Mais des maladies et des virus décimèrent ensuite les huîtres. Les essais d’implantation d’huîtres japonaises ne donnèrent pas de bons résultats. Quant à la construction du terminal conteneurs au Verdon en 1976, elle entraîna le remblaiement des marais et la destruction des parcs ostréicoles. Parallèlement, une pollution aux métaux lourds fut découverte dans l’estuaire. Elle avait pour origine les anciennes mines et anciens sites industriels situés à plus de 250 kilomètres en amont, dans le Lot, notamment à Vieille-Montagne. Les extractions des métaux et les usines avaient laissé des résidus riches en éléments métalliques, qui ont été entraînés dans les rivières et le système hydrologique qui alimentent le Lot, lui-même affluent de la Garonne, qui rejoint, après Bordeaux, l’estuaire de la Gironde... La contamination en cadmium était telle que la vente des huîtres fut interdite en 1996.

Pourtant, depuis trois ans, l’idée d’une relance de l’ostréiculture dans l’estuaire de la Gironde fait son chemin. Les taux de cadmium contenus dans l’eau sont en diminution et, en décembre 2009, à la demande de Gérard Barbé, adjoint au maire du Verdon, a vu le jour au sein de la communauté de communes de la Pointe du Médoc une commission aquaculture présidée par Franck Laporte, maire de Talais et vice-président de la CdC en charge du SCOT (schéma de cohérence territoriale) et de l’aménagement du territoire. Pour juger de la faisabilité d’une relance de l’activité ostréicole, la CdC a lancé une vaste étude au mois d’octobre, en partenariat avec l’Europe, l’Etat, la Région, le Département, le Comité régional de la conchyliculture d’Arcachon, le Grand port maritime de Bordeaux et le Smiddest (Syndicat mixte pour le développement durable de l’estuaire de la Gironde).

Cinq protocoles sont menés quasi simultanément, pour une durée d’un an : un affinage d’huîtres d’Arcachon dans les marais du Nord-Médoc, une étude du processus de décontamination des huîtres de l’estuaire de la Gironde dans les marais du Nord-Médoc et dans le bassin d’Arcachon, une étude de concentration en métaux dans des naissains de l’île de Ré placés dans les bassins du Nord-Médoc, un suivi des paramètres physico-chimiques de l’eau de l’estuaire et dans les marais, et un classement de salubrité des exploitations aquacoles locales. Les quatre premiers protocoles sont financés par les partenaires publics à hauteur de 104 000 €. La dernière étude est à la charge des professionnels. Six fermes aquacoles se sont engagées dans le processus, afin de pouvoir démarrer l’exploitation d’huîtres dans les marais, si les résultats des autres protocoles le leur permettent.

Mais du côté des promoteurs du projet, la prudence reste de mise. «Nous ne voulons pas créer de faux espoir, prévient Frédéric Boudeau, directeur de la communauté de communes de la Pointe du Médoc. L’éventualité de pouvoir relancer l’activité est tout à fait hypothétique. Nous n’en sommes qu’au stade des études.» Aucun résultat ne sera d’ailleurs dévoilé avant l’achèvement total des différents protocoles d’expérimentation. «Toutes les données sont couvertes par le secret des recherches.» Les premières conclusions ne devraient donc pas être annoncées avant douze voire dix-huit mois. Et même si elles s’avéraient très positives, le maire du Verdon, Jacques Bidalun, souligne que «l’activité ne serait pas une grande génératrice d’emplois» en Médoc. Si dans les années 1960, quelque 1 200 familles tiraient un revenu de la vente d’huîtres et de naissains, ce ne sont pas plus de six fermes aquacoles (celles qui se sont engagées dans le classement de salubrité) qui pourraient à l’avenir exploiter la ressource.

 

1 http://estuairegironde.net/ceg/expo-itin/expo_ostreiculture.pdf


 

Début de polémique

Lors du conseil communautaire du 25 octobre, les délégués de la CdC de la Pointe du Médoc ont refusé au Smiddest la co-maîtrise d’ouvrage des études sur la relance de l’ostréiculture dans les marais du Nord-Médoc. Une position qui a profondément déplu à Philippe Plisson, président du Smiddest, qui a menacé de ne pas accorder la subvention de 10 000 € promise pour la réalisation de ces études... Pourtant, il n’y avait aucune volonté politique d’exclure le Smiddest dans la décision de la CdC, seulement le besoin d’agir vite. «Le dossier a été finalisé en juin, et les scientifiques ont demandé que les expérimentations débutent en octobre», indique Frédéric Boudeau, directeur de la CdC. Accepter le Smiddest comme co-maître d’ouvrage aurait impliqué de réexaminer l’ensemble du dossier. La CdC n’en avait plus le temps, «sauf à repousser les études d’un an». La décision n’est donc en rien contre le Smiddest «qui sera associé étroitement à l’ensemble des travaux».

 

 

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