Front de mer : «ambiance portuaire» ou «jardin d’acclimatation» ?
Les études pour le réaménagement des allées Ortal et du front de mer ont été présentées cet été aux riverains. On attend maintenant le lancement par les élus d’un premier schéma faisant un choix entre ou parmi trois propositions.
En politique, les erreurs de
communication sur les sujets importants sont difficiles
à rattraper et un projet mal parti se transforme vite
en boulet. C’est avec un luxe de précautions
oratoires sans précédent que Jean-Michel David a
présenté publiquement mi-juillet le
résultat des cogitations des architectes et paysagistes
ayant planché sur les allées Ortal et le nouveau
front de mer. Au total, trois cabinets ont
réalisé des études préliminaires
dans le cadre d’un appel à idées
organisé avec l’appui de la Direction
départementale de l’environnement en
qualité d’assistant à maître
d’ouvrage. «Chaque mot compte», a
prévenu le maire qui avait invité à la
salle Lescoure de Lacanau-océan les riverains, les
commerçants et présidents d’associations
concernés par cette requalification urbaine
d’envergure. L’objectif était de restituer
les travaux des professionnels «sans y mettre de
marque personnelle». Mais, chassez le naturel et il
revient vite au galop. Tout en s’efforçant de
rester neutre tout au long de la présentation des trois
études sur grand écran, Jean-Michel David a
laissé transparaître ses
préférences en lâchant notamment un
«je n’ai pas d’avis à
émettre» lourd de sous-entendus au terme de
la projection du projet Barsacq. A l’évidence,
cette proposition, la plus minérale des trois,
conservant un parking sur son emplacement du front de mer et
prévoyant l’installation de «poufs en
galet» sur les allées Ortal, n’a pas
emballé non plus l’assistance. Beaucoup plus
massif et de loin le plus cher, le projet Desvignes se
distingue par l’installation d’une vaste
plate-forme et de gradins en bois qui, alliés à
des dalles de béton, ont pour ambition de créer
une «ambiance portuaire» à
Lacanau-océan, la partie sud du front de mer
étant davantage végétalisée. Sur
les allées Ortal, c’est la «recherche
de la rusticité» qui serait à
l’ordre du jour avec l’aménagement, au
centre de la voie piétonne, de
«placettes» d’animation dans
l’esprit «ramblas» comme à Barcelone.
C’est le groupe Miquel qui présente le projet le
plus dans l’air du temps en privilégiant
l’approche d’une «ville
jardinée» et la
création
d’«un jardin littoral» qui
correspondent à «l’idée
d’une forêt habitée».
L’étude prévoit le déplacement du
marché sur les allées Ortal piétonnes,
équipées d’ombrières et qui gardent
la vue sur l’océan. Au nord :
création d’un parvis et d’un jardin
dunaire, au sud un jardin d’acclimatation. Vient le tour
des questions. «Combien de temps ?»,
demande Daniel Darsonville, président de
l’Association du développement économique
canaulais. «On va prendre le temps de la
réflexion. Il va falloir s’armer de
patience», répond le maire pour qui
«deux voire trois mandats» seront sans
doute nécessaires pour venir à bout du projet
dont les allées Ortal seront la première
étape. Une fois n’est pas coutume, le maire
reçoit les félicitations de l’Apllo.
René Magnon, le nouveau président de
l’association des propriétaires, se dit
«prêt à travailler» sur le
sujet. En attendant, ce sont les élus qui devraient
reprendre la main. Lors de cette présentation publique,
Jean-Michel David a annoncé qu’à la fin de
l’été les conseillers municipaux seraient
à nouveau réunis pour réfléchir au
lancement d’un premier schéma
d’aménagement. Si l’on en croit les
informations publiées par la mairie elle-même en
juin dernier, c’est le projet Desvignes qui a la faveur
du conseil municipal. Il ressort comme étant le
«plus réaliste et correspondant le mieux
à la problématique du front de
mer».
Photo en haut :
Pour Jean-Michel David, il faudra «deux voire trois mandats» pour refaire le front de mer.
Photo en bas :
Maquette du projet Desvignes avec sa plate-forme et ses gradins en bois. La plus imposante et la plus chère des trois propositions présentées en juillet dernier.