Médoc - N°137 - Septembre/Octobre/Novembre 2016

Un poste de secours mobile en pin maritime

Face à l’évolution du littoral, les acteurs n’ont d’autre choix que de s’adapter. Le GIP Littoral aquitain travaille ainsi depuis 2013 sur l’aménage-ment durable des stations

Suite aux tempêtes de l’hiver 2014, des reculs du trait de côte de 30 mètres en moyenne – et même jusqu’à 60 mètres en Médoc – ont été constatés sur le littoral aquitain. «Des bâtiments, notamment des postes de secours, sont tombés à l’eau et d’autres menacent de le faire», rappelle Renaud Lagrave, président du GIP (Groupement d’intérêt public) Littoral aquitain. Engagé dans un travail sur l’aménagement durable des stations, le GIP a vu là l’opportunité d’apporter une réponse aux collectivités : répondre à la problématique du recul du trait de côte par la mise en place de bâtiments mobiles. 

Un cahier des charges très précis a été mis au point. «Il intégrait des exigences de modularité, d’intégration paysagère, de développement durable et de double usage du bâtiment notamment pendant la saison hivernale.»

Dans une région où l’activité sylvicole est prépondérante, il a également été décidé que les bâtiments devraient être conçus en pin maritime. Un premier appel d’offre lancé l’année dernière s’est révélé infructueux, les propositions des entreprises dépassant de loin l’enveloppe budgétaire imaginée par les promoteurs du projet. Après remaniement du cahier des charges, un nouvel appel d’offres a finalement abouti. La scierie Labadie, basée à Arue dans les Landes, a remporté le marché pour réaliser ce premier poste de secours en pin maritime.

Inaugurée le 7 juillet dernier sur la plage sud de Biscarrosse, la structure se compose de trois modules de sept tonnes chacun, acheminés par un semi-remorque. Deux ont été assemblés et équipés pour constituer le bâtiment principal qui accueille un poste d’observation sur l’océan, une infirmerie et des vestiaires. Le troisième sert au stockage du matériel. D’un coup total de 108 000 euros (dont 70 % de subventions de l’Etat, de la Région et du Département), ce poste de secours nouvelle génération donne toute satisfaction aux sauveteurs des plages. «C’est un super outil, confirme Jean-François Technené, le chef de poste. Il est hyper fonctionnel. Les grandes baies vitrées offrent une vue à 180 degrés sur la plage et nous permettent de surveiller toute la zone de bain. La partie vestiaire, située à l’écart, nous offre une certaine intimité tout en assurant un meilleur accueil du public.» Sans compter qu’esthétiquement, la réalisation se démarque incontestablement des préfabriqués qu’elle a remplacés...

Carcans-Océan et Lacanau Super Sud équipés ?

Mais du bois, et a fortiori du pin, en front de mer, n’est-ce pas un pari un peu osé ? Philippe Labadie, directeur de la scierie éponyme balaye les doutes des sceptiques. «Le pin maritime est souvent très décrié, reconnaît-il. Mais dans neuf cas sur dix, lorsqu’il y a un préjudice, c’est qu’il a été mal posé. Ici, nous avons mis en œuvre un système constructif visant à assurer la pérennité de l’ensemble.»

Ayant bénéficié d’un traitement autoclave, qui lui confère sa couleur gris foncé à l’extérieur, la structure résistera aux intempéries. Quant au système constructif en lui-même, il permettra aux modules d’être déplacés à l’envi sans encombre.
Car l’autre originalité de ce poste de secours, c’est qu’il pourra devenir quelque chose de complètement différent une fois la saison des baignades terminée. Quand les secouristes auront raccroché le maillot, les modules seront transférés au centre-ville de Biscarrosse pour un tout autre usage. «Des associations sont intéressées pour en faire leur local. Nous avons également quelques idées pour les services municipaux», indique Alain Dudon, le maire de la commune. Aujourd’hui, sa future destination n’est pas encore arrêtée, mais ce qui est sûr, c’est qu’on lui trouvera un usage !» Le conseiller départemental Xavier Fortinon y voit d’ailleurs l’un des principaux atouts du projet : «rentabiliser des équipements qu’on ne pensait utile que pour deux mois».
Pas étonnant donc que d’autres communes soient sur les rangs pour s’équiper à leur tour. Pour faire baisser les coûts, le GIP a constitué un groupement de commandes pour permettre l’achat de modules qui seront installés sur les plages sur les saisons 2017 et 2018. 
Quatre collectivités sont d’ores et déjà intéressées : les communes de Seignosse, Bidart et Hendaye et la communauté de communes des Lacs Médocains pour Carcans-Océan où le poste de secours avait été construit en dur sur la dune trop près du rivage et Lacanau Super Sud où le poste logeait dans un préfabriqué. 
Ce marché pourrait représenter jusqu’à 700 000 euros d’investissement pour une vingtaine de modules. Et il pourrait être bien plus large à l’avenir. Lors d’une première analyse des besoins, une trentaine de sites aquitains avec des bâtiments menacés ou à remplacer avaient été identifiés. Sans compter que le pin des Landes pourrait bien s’exporter au-delà des frontières de la Nouvelle-Aquitaine. Des collectivités d’Occitanie (ex-Midi-Pyrénées Languedoc-Rousillon) ont en effet pris contact avec le GIP…
 
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