Médoc - N°88 - Juin/Juillet 2008

Port méthanier : stop ou encore ?

Le groupe néerlandais 4Gas a jusqu’au 18 juillet pour donner une suite à son projet de port méthanier au Verdon. La Commission du débat public a rendu ses conclusions assorties de quelques réserves. Les opposants restent mobilisés.

 

Le Médoc retient son souffle… D’ici la mi-juillet, on saura si 4Gas envisage ou non l’installation d’un terminal méthanier au Verdon. L’exploitant néerlandais dispose en effet d’un délai de trois mois pour se prononcer sur ce projet qui se heurte à une très forte hostilité dans la presqu’île. Une consultation électorale «informelle» de la population, organisée par le nouveau maire du Verdon, est là pour en témoigner. Le non l’a emporté à 68 %. Sur la rive droite de l’estuaire, les élus de Charente-Maritime, Dominique Bussereau en tête, ont fermement pris position contre une telle implantation.

Ces trois mois de réflexion correspondent au timing officiel déclenché par la Commission du débat public, le 18 avril dernier. Le président de cette instance nationale en personne a tiré les conclusions des trois mois et demi de concertation et de réunions souvent plus que houleuses qui en ont constitué la partie la plus spectaculaire.

Sans trancher le débat, ce qui n’est pas de son rôle, la commission formule des propositions qui tiennent compte des points soulevés par les riverains, les socioprofessionnels et les associations. A propos de la proximité du complexe de regazéification1, Philippe Deslandes demande s’il «ne serait pas envisageable d'éloigner les installations» des premières habitations et équipements publics de la commune du Verdon et préconise de porter une «attention aiguë» à cette question de la distance.

Autre sujet, qualifié de «question centrale» : les nuisances visuelles du projet considéré par certains comme gros consommateur d’espace ou comme une verrue disgracieuse, visible notamment du côté charentais de l’estuaire. Là, le président de la commission nationale estime que «toute proposition d'enfouissement, partiel au minimum, des cuves et de réalisation d'une dune végétalisée, évoquée par le maître d'ouvrage, devrait être suivie d'effet». Il insiste également sur les obligations du maître d’ouvrage en matière de prévention des risques de toute nature : échouement, attentat, température de l’eau, navigation sur l’estuaire, etc. «Les études de dangers devront prouver que [4Gas] a pris toutes les mesures nécessaires.»

Sur l’opportunité de l’implantation d’une activité industrielle dans cette zone d’économie «résidentielle» (voir La révolution économique silencieuse dans JdP n° 87), le rapporteur émet de sérieuses réserves en soulignant que «l'opposition au projet trouve l'une de ses sources dans l'importance que les activités touristiques représentent pour ce territoire». Et de mettre en balance la cinquantaine d’emplois directs sur le site une fois en phase d’exploitation avec «les retombées bien plus significatives du tourisme aussi bien pour la Charente-Maritime que pour la Gironde».

En attendant la décision de 4Gas, le collectif «Une pointe pour tous», qui revendique 4 700 adhérents, veille toujours au grain, se faisant l’écho sur son site Internet de tous les témoignages qui militent en faveur d’un abandon du projet. Dernier en date, celui de Michel Quimbert, président du Port autonome de Nantes-Saint-Nazaire. Dans une interview au journal Le Marin, il estime que la France est «déjà en surcapacité de réception» de gaz naturel liquéfié. Prêchant pour sa paroisse (le terminal de Montoir), il s’interroge sur la multiplication des terminaux méthaniers. «Il faut quand même que les volumes soient tels que l’on puisse garantir les coûts de fonctionnement du terminal. Or un terminal pose des problèmes de sécurité et de sûreté qui impliquent de mettre en œuvre les services adéquats qui sont de plus en plus lourds et onéreux. De plus, ce qui conditionne beaucoup la vie d’un terminal, en raison d’une consommation très fluctuante de l’énergie, c’est sa capacité de stockage.»

 

1 Le projet de terminal méthanier – classé Seveso II – comprend deux cuves de 165 000 m3, une unité de regazéification, une usine de cogénération et une torche de 25 m de hauteur.

 

Photo :

L’impact visuel du terminal méthanier est un aspect très discuté du débat. Cette simulation, vue du côté de Port-Médoc, a été publiée dans le dossier du maître d’ouvrage.

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