Soulac-sur-Mer - N°89 - Août/Septembre 2008

Plages en péril

Le recul du trait de côte menace la commune. La préservation des dunes est aujourd’hui indispensable.

 

De la pointe de la Négade à la plage centrale, le recul du trait de côte est clairement visible. C’est pour sensibiliser le grand public au problème de l’érosion que l’association Vivre à Soulac et la municipalité ont organisé le 4 juillet l’opération «Plages en péril». Cette journée de sensibilisation était placée sous le parrainage scientifique du Pr. Jean-Pierre Tastet, géologue spécialisé dans le paléo-environnement marin, et de Jean Favennec, ingénieur de l’office national des forêts.

Sur le terrain, les participants ont pu constater les méfaits conjugués de la mer, du vent et de l’action humaine. Au sud de la pointe de la Négade, la mer ronge la forêt et le site archéologique de Noviomagus, vieux de plusieurs milliers d’années. A l’Amélie, les maisons sont menacées et l’ouvrage de défense en dur ne fait qu’accentuer tout autour l’avance de la mer, creusant des anses et formant une pointe. A la plage centrale, le vent menace de recouvrir la ville sous le sable…

«La côte perd en moyenne 3,5 mètres par an, assure Hervé Peltier, président de Vivre à Soulac. Cette érosion est structurelle, nous devons donc en tenir compte en matière d’urbanisme.» Les pouvoirs publics en sont conscients. Dans un porté à connaissance réalisé dans le cadre du plan local d’urbanisme, le préfet a ainsi préconisé le recul de la zone de nouvelle construction de 100 à 500 mètres du rivage. Une mesure indispensable d’après Hervé Peltier. «Les ouvrages en dur réalisés pour protéger les habitations sont néfastes pour le reste de la côte. C’est le cas à l’Amélie par exemple. Et le problème va bientôt se poser à l’immeuble du Signal. Que faudra-t-il mettre en place pour ne pas déstabiliser la plage de Soulac ? Le problème est réel. Il s’agit donc aujourd’hui de ne pas recommencer la bêtise de construire trop près de l’océan.» Outre les risques pour les habitations, les actions humaines inconsidérées entraînent un appauvrissement de la biodiversité. Or les dunes soulacaises recèlent des espèces protégées à l’instar de l’œillet de dune, de l’astragale de Bayonne ou du linaire à feuille de thym. Réservoir à sable et élément incontournable du paysage, les dunes constituent également le dernier rempart de la commune face à l’océan. Il est donc important de préserver celles qui restent en évitant notamment leur piétinement généralisé.


Historique

 

Vivre à Soulac est une association de défense de l’environnement communal, qu’il s’agisse du littoral, des marais ou de la forêt. Elle s’est créée en août 2000, en réponse au projet d’implantation d’une résidence Pierre et Vacances sur la dune. La mobilisation qu’elle a entraînée a fait prendre conscience au groupe immobilier de l’intérêt du milieu remarquable dans lequel il comptait s’installer et a provoqué le déménagement du projet derrière le camping Palace.

Depuis, l’association n’a pas mené d’autres combats, mais forte d’une centaine d’adhérents, elle s’implique régulièrement dans la gestion de l’espace communal. Elle a ainsi donné son avis lors de la réalisation du plan local d’urbanisme et se mobilise dans des projets de défense du trait de côte. Elle fait d’ailleurs partie du comité de suivi du plan de prévention des risques relatif à l’évolution du trait de côte. C’est dans ce cadre qu’elle a organisé la journée du 4 juillet.

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